Pension de réversion : anticiper pour se protéger

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✓ Vérifié le 16 mai 2026 par Baptiste Bataille

Si vous lisez cet article, c’est sans doute parce que la santé de votre conjoint, de votre parent, ou d’un proche très cher se dégrade. Vous pensez à demain — au moment où il faudra payer le loyer seul(e), continuer à faire vivre la maison, peut-être garder le mode de vie que vous aviez construit à deux. Et au milieu de tout ça, une question revient : qu’est-ce que je vais toucher après ?

Anticiper la pension de réversion, ce n’est pas souhaiter le pire. C’est, au contraire, vous donner les moyens de tenir debout financièrement le moment venu, sans avoir à découvrir dans l’urgence du deuil que vous n’aviez pas droit à grand-chose — ou que vous deviez fournir un document que personne ne vous avait jamais demandé. Beaucoup de conjoints survivants découvrent trop tard qu’ils sont passés à côté d’une partie de leurs droits, faute d’avoir préparé le dossier.

La pension de réversion, c’est tout simplement une part de la retraite du défunt versée au conjoint survivant. Mais derrière cette définition simple, il y a au moins 42 régimes de retraite différents en France, chacun avec ses propres règles, ses taux, ses plafonds, ses durées de mariage exigées. Et un piège majeur, que beaucoup ignorent : dans le régime général, ni les pacsé(e)s ni les concubin(e)s n’ont aucun droit.

Voici, concrètement, ce qu’il faut vérifier dès maintenant — pendant qu’il est encore temps de poser les bonnes questions, de récupérer les bons papiers, et le cas échéant, de prendre les décisions juridiques qui changent tout.

📋 À retenir
  • La pension de réversion est versée au conjoint marié survivant — ni le pacsé ni le concubin n’y ont droit
  • Régime général : 54 % de la retraite du défunt, sous condition de ressources (2 019,33 €/mois seul en 2026)
  • Régimes complémentaires AGIRC-ARRCO : 60 %, sans condition de ressources mais avec condition d’âge (55 ans)
  • Fonction publique : 50 %, sans condition de ressources ni d’âge
  • Demande à faire en une seule fois sur info-retraite.fr qui prévient tous les régimes ; non rétroactive au-delà de 12 mois

La pension de réversion en 1 minute

La pension de réversion est une fraction de la retraite que percevait (ou aurait perçu) une personne décédée, versée à son conjoint survivant. Elle existe dans tous les régimes de retraite français : régime général de la Sécurité sociale, retraites complémentaires (AGIRC-ARRCO), fonction publique, professions indépendantes, régimes spéciaux (SNCF, EDF, RATP, mineurs, marins, etc.).

Selon le régime, le taux varie de 50 % à 60 % de la retraite du défunt. Le régime général verse 54 %, l’AGIRC-ARRCO (la complémentaire de la plupart des salariés du privé) verse 60 %, et la fonction publique verse 50 %. Une personne ayant été salariée du privé cumule donc deux réversions : une de la CNAV et une de l’AGIRC-ARRCO.

Pour y avoir droit, il faut quasi toujours :

  • avoir été marié(e) avec le défunt (point capital) ;
  • remplir une condition d’âge (55 ans dans le régime général et l’AGIRC-ARRCO) ;
  • parfois respecter un plafond de ressources (régime général uniquement) ;
  • parfois justifier d’une durée de mariage minimale (fonction publique).

Concrètement, un conjoint survivant de 65 ans dont le mari touchait 1 800 €/mois de retraite (1 200 € CNAV + 600 € AGIRC-ARRCO) pourra percevoir environ 1 008 € par mois de réversion (648 € CNAV + 360 € complémentaire), sous réserve de respecter le plafond de ressources de la CNAV.

Qui peut en bénéficier ? (Spoiler : pas tout le monde)

C’est probablement le point le plus mal compris de tout le système — et celui qui crée le plus de drames le jour venu.

Régime général (CNAV) : marié(e) uniquement

Pour bénéficier de la pension de réversion de la CNAV (régime général des salariés du privé), il faut avoir été marié(e) avec le défunt. Point.

  • Conjoint(e) marié(e) : oui, même si vous étiez séparé(e) de fait.
  • Ex-conjoint(e) divorcé(e) non remarié(e) : oui, vous gardez vos droits. Si le défunt a eu plusieurs ex-conjoints, la réversion est partagée au prorata de la durée de chaque mariage.
  • Conjoint(e) marié(e) puis remarié(e) : oui, le remariage ne supprime pas vos droits dans le régime général (contrairement à l’AGIRC-ARRCO, attention).
  • Partenaire de PACS : aucun droit, même après 30 ans de vie commune.
  • Concubin(e) : aucun droit, même avec des enfants en commun.

C’est la règle la plus brutale du système français : aux yeux de la CNAV, seul le mariage civil ouvre des droits à réversion. Le PACS, qui pourtant donne droit à la transmission patrimoniale en exonération de droits de succession, n’ouvre aucun droit en matière de réversion. Le concubinage non plus, quelle que soit sa durée.

AGIRC-ARRCO : marié(e) uniquement aussi

Même règle, hélas : seul le mariage ouvre droit à la réversion complémentaire AGIRC-ARRCO. PACS et concubinage exclus. L’ex-conjoint(e) divorcé(e) non remarié(e) y a droit également.

Fonction publique : marié(e), avec parfois une durée minimale

Pour la fonction publique d’État ou territoriale, le mariage est aussi exigé. S’y ajoute une durée minimale de mariage :

  • 4 ans de mariage au moins, ou
  • 2 ans de mariage avant la mise à la retraite du fonctionnaire, ou
  • au moins un enfant né du mariage (dans ce cas, la durée n’est plus exigée), ou
  • décès du fonctionnaire en activité par invalidité.

Cette condition de durée est un piège classique : un mariage tardif sans enfant peut priver le conjoint survivant de toute réversion fonctionnaire.

À ne pas oublier — RAFP : la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique ouvre aussi droit à une réversion à 50 %. Souvent oubliée par les conjoints survivants de fonctionnaires car versée par une caisse distincte (ERAFP). Demande à faire en complément de la réversion principale.

Les différents régimes (et leurs règles très différentes)

RégimeTauxÂge miniPlafond ressources ?Durée mariage
Régime général (CNAV)54 %55 ansOui (25 002 €/an seul, 40 003 €/an couple en 2026)Aucune
AGIRC-ARRCO (complémentaire privé)60 %55 ansNonAucune
Fonction publique (État, territoriale, hospitalière)50 %AucunNon4 ans (ou 2 ans avant retraite, ou 1 enfant)
SSI (indépendants, ex-RSI)54 %55 ansOui (aligné CNAV)Aucune
MSA (agricole)54 %55 ansOui (aligné CNAV)Aucune
CNAVPL / CIPAV (professions libérales)Variable selon caisse (50 à 60 %)55 ans (réversion base) / 60 ans (complémentaire CNAVPL — variable selon section professionnelle)VariableVariable
Régimes spéciaux (SNCF, EDF, RATP, Banque de France…)50 % en généralSouvent aucunSouvent nonSouvent 2 à 4 ans
Banque de France50 %Sans plafond de ressourcesVariable2 ans de mariage requis

Cumul : un salarié du privé ayant cotisé toute sa vie cumule deux réversions (CNAV + AGIRC-ARRCO). Un fonctionnaire en cumule en général une seule (Pensions civiles ou CNRACL). Un commerçant indépendant en cumulera deux (SSI base + SSI complémentaire). C’est pour cette raison qu’il faut vérifier tous les régimes auxquels votre proche a cotisé au cours de sa carrière — y compris ceux qu’il a oubliés.

Ce que vous pouvez vérifier dès maintenant

Vous n’avez pas besoin d’attendre. Plusieurs vérifications peuvent (et doivent) être faites pendant qu’il en est encore temps.

1. Créer un compte sur info-retraite.fr

Le portail info-retraite.fr est le point d’entrée unique de tous les régimes de retraite français. Créez votre propre compte (avec FranceConnect, c’est l’affaire de 3 minutes). Si votre proche est encore en état de le faire, aidez-le à créer le sien.

2. Consulter le relevé de carrière de votre proche

Si votre proche peut se connecter avec vous, son relevé de carrière individuel (RIS) listera tous les régimes auxquels il a cotisé au cours de sa vie. Vous y verrez les périodes d’emploi, les trimestres validés, et surtout les caisses de retraite concernées. C’est l’information la plus précieuse : c’est la liste exacte des organismes auxquels vous devrez demander la réversion.

3. Identifier les régimes auxquels il a cotisé

Notez sur un papier : CNAV (salarié privé), AGIRC-ARRCO (complémentaire privé), Pensions civiles (fonctionnaire État), CNRACL (fonctionnaire territorial ou hospitalier), SSI (indépendant ou commerçant), MSA (agricole), Ircantec (contractuels publics), CIPAV (libéraux), etc. Si votre proche a eu plusieurs carrières (par exemple salarié puis fonctionnaire), il aura cotisé à plusieurs caisses.

4. Estimer votre future réversion

Sur info-retraite.fr, le simulateur M@rel permet d’estimer la pension future. Pour la réversion elle-même, beaucoup de caisses proposent une estimation personnalisée si vous écrivez par messagerie sécurisée.

5. Préparer les documents

Mettez de côté, dès aujourd’hui, dans une enveloppe ou un dossier numérique :

  • Livret de famille (et acte de mariage si vous l’avez à part) ;
  • Jugements de divorce si concerné (le vôtre, ou ceux antérieurs du défunt) ;
  • Acte de naissance récent (vous le redemanderez à la mairie le moment venu) ;
  • RIB au nom du conjoint survivant ;
  • Derniers avis d’imposition du foyer (pour le plafond de ressources CNAV) ;
  • Numéros de Sécurité sociale des deux conjoints ;
  • Liste des caisses de retraite identifiées à l’étape 3.

Combien allez-vous toucher (estimation)

Quelques exemples chiffrés pour vous donner un ordre de grandeur. Attention : ces simulations sont théoriques, le simulateur officiel d’info-retraite.fr donne des résultats personnalisés.

Exemple 1 : retraitée du privé, conjoint salarié du privé

Marie, 67 ans, perçoit elle-même 950 €/mois de retraite. Son mari touchait 1 800 €/mois (1 200 € CNAV + 600 € AGIRC-ARRCO).

  • Réversion CNAV : 54 % × 1 200 = 648 €/mois. Mais Marie a déjà 950 € de retraite, le total (950 + 648 = 1 598 €) reste sous le plafond ressources (2 083 €/mois en 2026 pour une personne seule), donc elle touche les 648 € en plein.
  • Réversion AGIRC-ARRCO : 60 % × 600 = 360 €/mois, sans condition de ressources.
  • Total réversion : 1 008 €/mois environ.

Exemple 2 : conjointe sans activité, mari fonctionnaire

Jeanne, 62 ans, n’a jamais travaillé. Son mari fonctionnaire territorial touchait 2 200 €/mois.

  • Réversion fonction publique : 50 % × 2 200 = 1 100 €/mois, sans plafond de ressources, sans condition d’âge.
  • Si Jeanne a élevé au moins 3 enfants, elle peut bénéficier d’une majoration de 10 %, à condition d’avoir élevé chaque enfant pendant au moins 9 ans avant son 16e anniversaire (ou 20 ans s’il a ouvert droit aux prestations familiales).

Exemple 3 : conjoint commerçant indépendant

Pierre, 70 ans, perçoit 1 100 €/mois de retraite. Sa femme commerçante (ex-RSI / SSI) touchait 1 400 €/mois.

  • Réversion SSI base : 54 % de la part base, sous condition de ressources.
  • Réversion SSI complémentaire : 60 % de la part complémentaire (sans plafond).
  • Si Pierre dépasse le plafond avec ses propres revenus, sa réversion CNAV/SSI base est réduite à due concurrence (pas supprimée).

Minimum garanti 2026 : si votre proche a cotisé au moins 60 trimestres au régime général, la réversion CNAV ne peut pas être inférieure à 334,92 €/mois environ, sous condition d’avoir cotisé au moins 60 trimestres (15 ans) au régime général de la Sécurité sociale (pas tous régimes confondus).

La démarche le moment venu (rappel rapide)

Depuis 2022, la demande de réversion est unique. Vous ne remplissez qu’un seul formulaire sur info-retraite.fr, qui le transmet automatiquement à tous les régimes concernés. Plus besoin d’envoyer le dossier en parallèle à la CNAV, à l’AGIRC-ARRCO, à la CNRACL, etc.

Délai pratique recommandé : déposez la demande dès que possible après le décès, idéalement dans les 12 mois.

Rétroactivité : si vous déposez la demande dans les 12 mois suivant le décès, la réversion sera versée à partir du 1er jour du mois suivant le décès. Au-delà de 12 mois, le point de départ devient le 1er jour du mois suivant le dépôt de la demande — vous perdez donc les mois écoulés.

Délai de traitement : comptez entre 3 et 6 mois entre le dépôt et le premier versement. Ce n’est pas immédiat, et c’est une des raisons pour lesquelles préparer le dossier à l’avance fait une vraie différence.

Cas particuliers à connaître

Ex-conjoint(e) divorcé(e)

Vous gardez vos droits à réversion sur la retraite de votre ex-conjoint, tant que vous ne vous êtes pas remarié(e) (et même alors, pour le régime général uniquement, vous gardez les droits). Si le défunt a eu plusieurs mariages, la réversion est répartie au prorata de la durée de chaque mariage (régime général CNAV). Exemple : 10 ans de mariage avec le premier conjoint, 20 ans avec le second → la réversion CNAV est partagée 1/3 – 2/3. Attention : en AGIRC-ARRCO, la formule diffère (durée du mariage / durée totale d’assurance du défunt, calcul en points) — les parts peuvent donc être différentes selon le régime.

Remariage du conjoint survivant

Attention au piège : dans l’AGIRC-ARRCO, le remariage du bénéficiaire suspend définitivement la réversion (elle n’est pas récupérable, même en cas de nouveau veuvage). En revanche, PACS et concubinage après le décès sont sans effet sur la réversion AGIRC-ARRCO. Dans le régime général, le remariage ne supprime pas le droit à réversion. Mais attention : les ressources du nouveau couple entrent dans le calcul du plafond (40 002,56 €/an en 2026 pour un couple). La réversion CNAV peut donc être réduite voire suspendue si le nouveau ménage dépasse ce seuil — un point souvent ignoré.

Orphelins

Pour la fonction publique, les enfants de moins de 21 ans peuvent percevoir une pension d’orphelin (10 % de la pension du défunt par enfant). Dans le régime général, il n’existe pas de réversion pour les enfants. L’allocation veuvage est cependant attribuée au conjoint survivant trop jeune pour la réversion (moins de 55 ans) : elle est temporaire (2 ans maximum), sous condition que les ressources du demandeur soient inférieures à environ 924 €/mois en 2026 (plafond CNAV).

Concubinage long sans mariage : agir maintenant

Si vous vivez en concubinage ou en PACS depuis des années, vous n’avez aucun droit à réversion. Si l’état de santé de votre proche le permet encore, plusieurs pistes :

  • Mariage civil : effet immédiat pour la fonction publique (sous réserve de la durée 4 ans / 1 enfant) ; pour le régime général, aucune durée minimale, donc un mariage tardif ouvre immédiatement le droit à la réversion CNAV et AGIRC-ARRCO.
  • Testament chez le notaire : ne donne pas droit à la réversion, mais sécurise la part successorale du partenaire.
  • Assurance-vie au profit du partenaire : transmission hors succession en exonération (avec primes versées avant 70 ans, jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire).

Si vous êtes pacsé(e) ou concubin(e), agissez maintenant

C’est probablement la partie la plus importante de cet article. Le système français de réversion repose entièrement sur le mariage civil. PACS et concubinage, malgré leur reconnaissance fiscale et sociale, n’ouvrent aucun droit à la pension de réversion, dans aucun régime — ni au régime général, ni à l’AGIRC-ARRCO, ni dans la fonction publique. Ce point est régulièrement débattu, plusieurs propositions de réforme ont été déposées, mais à ce jour rien n’a changé.

Concrètement, si votre conjoint(e) en fin de vie touche 2 000 €/mois de retraite et que vous êtes « seulement » pacsé(e), vous perdrez la totalité de ces 2 000 €/mois au moment du décès. Vous garderez en revanche votre propre retraite, vos placements, et la part successorale prévue par votre testament (s’il existe).

Les options à envisager rapidement :

  1. Se marier civilement, si la situation et la santé du proche le permettent. La cérémonie peut être organisée en mairie (et même à l’hôpital ou à domicile en cas d’urgence médicale attestée, sur autorisation du procureur). Pour le régime général et l’AGIRC-ARRCO, aucune durée minimale n’est requise — un mariage la veille du décès ouvre des droits.
  2. Consulter un notaire pour mettre en place un testament, une donation entre époux ou partenaires de PACS, une assurance-vie, ou des clauses bénéficiaires adaptées. Le notaire est gratuit en première consultation dans la plupart des cas (1ʳᵉ heure conseil offerte, à vérifier auprès de la chambre départementale).
  3. Vérifier vos contrats de prévoyance professionnels : certains versent un capital décès au partenaire de PACS désigné comme bénéficiaire.

C’est typiquement le genre de décision qu’on regrette de ne pas avoir prise. Si vous hésitez, prenez rendez-vous cette semaine chez un notaire.

⚠️ Méfiance : aucun site officiel ne vous demande de paiement pour estimer votre future réversion. Le simulateur d’info-retraite.fr et les services d’information de chaque caisse de retraite sont 100 % gratuits. Méfiez-vous des sites qui proposent un « audit retraite » ou un « bilan réversion » à 200, 400 ou 800 €, et des démarchages téléphoniques au nom d’organismes aux acronymes trompeurs. Si l’information vous semble payante, c’est qu’elle ne vient pas du bon endroit.

Pour aller plus loin

« La réversion est la dernière protection d’un système de retraite construit autour du mariage. Si vous vivez en concubinage ou en Pacs, c’est à vous d’organiser autre chose. »

info-retraite.fr

Questions fréquentes

Non, la pension de réversion n’est ouverte qu’au décès. En revanche, vous pouvez dès aujourd’hui créer votre compte sur info-retraite.fr, consulter le relevé de carrière de votre conjoint (s’il vous y autorise), et préparer la liste des caisses concernées. Le jour venu, vous serez prêt(e) en quelques heures.

Malheureusement, oui : aucun droit à pension de réversion dans aucun régime français à ce jour. Le PACS n’ouvre pas ce droit. Si la santé de votre conjoint(e) le permet, le mariage civil reste la seule voie pour ouvrir des droits à réversion (effet immédiat dans le régime général). Sinon, parlez-en à un notaire pour optimiser la transmission par testament et assurance-vie.

Oui, normalement. Si votre père cotisait au régime général, votre mère pourra percevoir 54 % de sa retraite CNAV + 60 % de sa retraite AGIRC-ARRCO. Si elle n’a aucun revenu propre, elle restera sous le plafond de ressources et touchera la réversion CNAV en plein. Elle peut aussi prétendre à l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) si l’ensemble reste sous le seuil de pauvreté.

Oui, si elle n’est pas remariée. La réversion est partagée au prorata de la durée de chaque mariage. Si l’ex-femme a été mariée 15 ans à votre mari et vous 10 ans, elle percevra 60 % de la réversion et vous 40 %. C’est mécanique, ce n’est pas négociable, et cela vaut pour le régime général comme pour l’AGIRC-ARRCO.

Comptez entre 3 et 6 mois entre le dépôt du dossier et le premier versement. La réversion sera rétroactive au 1er jour du mois suivant le décès si vous déposez la demande dans les 12 mois. Au-delà, vous perdez les mois écoulés.

Tout dépend de la durée SNCF :

  • Moins de 15 ans SNCF : ses cotisations ont été automatiquement basculées au régime général (rétablissement L65). Aucune réversion SNCF spécifique — c’est la CNAV qui prend tout en charge.
  • 15 ans ou plus SNCF : la SNCF verse une vraie réversion régime spécial à 50 %, sans plafond de ressources, en complément de la CNAV pour les années privées.

Non, ces régimes spéciaux ont leurs propres règles, généralement plus favorables (taux 50 %, pas de plafond de ressources, durée de mariage souvent réduite à 2 ans). La demande passe quand même par info-retraite.fr qui transmet à la caisse spéciale concernée.

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💡 Réversion + minimum vieillesse (ASPA)

Si vos ressources cumulées (retraite personnelle + réversion) restent inférieures à 1 034,28 €/mois en 2026 (personne seule), vous pouvez demander l’ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées) à votre caisse de retraite pour compléter. Attention : l’ASPA est récupérable sur succession au-delà de 39 000 €.

📚 Sources officielles

Article vérifié le 16 mai 2026 — montants 2026 issus des barèmes officiels.