En France, plus de 9 000 personnes meurent par suicide chaque année. Derrière ce chiffre : des dizaines de milliers de proches laissés dans un deuil particulier — intense, complexe, encore trop souvent stigmatisé.
À retenir
Le deuil après un suicide est reconnu comme un deuil traumatique à part entière. La culpabilité, la colère et la recherche de sens y sont particulièrement intenses. Un accompagnement professionnel est souvent bénéfique, voire nécessaire.
Ce que les survivants vivent
La culpabilité
C’est l’émotion la plus universellement rapportée. « J’aurais dû voir les signes », « Si j’avais appelé ce soir-là »… Cette culpabilité, aussi naturelle soit-elle, repose généralement sur une illusion de contrôle. Le suicide est le résultat d’une souffrance que ni vous ni personne n’aurait pu seul endiguer.
La colère
Colère contre le défunt pour avoir fait ce choix. Colère contre soi. Contre les médecins, le système. Cette colère est souvent vécue avec honte — on ne « devrait pas » être en colère contre quelqu’un qui souffrait. Pourtant elle est normale et doit pouvoir s’exprimer.
La recherche du pourquoi
La question « pourquoi » est au cœur de ce deuil. Elle peut obséder pendant des mois, des années. La vérité difficile : il n’y a souvent pas de réponse satisfaisante. Accepter de ne jamais avoir la réponse complète est l’une des étapes les plus difficiles.
Important
La stigmatisation liée au suicide existe encore. Certains proches cachent la cause du décès par honte. Cette dissimulation peut compliquer le deuil en empêchant d’en parler librement. Vous n’avez à justifier votre deuil auprès de personne.
Ce qui aide
- Rejoindre des groupes de parole spécifiques « proches de suicidés » — Empreintes, SOS Amitié, la Fondation Fondamental proposent ces espaces
- Consulter un psychologue formé au deuil traumatique et au suicide
- Ne pas s’isoler, même si l’envie est forte
- Permettre à la colère et à la culpabilité de s’exprimer dans un cadre sécurisé
Pour les enfants qui ont perdu un parent par suicide
Les enfants ont besoin de vérité adaptée à leur âge, pas de mensonges protecteurs qui peuvent créer de plus grandes angoisses. Des professionnels spécialisés en deuil de l’enfant peuvent aider à trouver les bons mots.
Doit-on dire à l’entourage que c’est un suicide ?
C’est votre choix. Certains trouvent que cacher la cause rend le deuil plus compliqué. D’autres choisissent la discrétion. Faites ce qui vous permet de traverser ce deuil au mieux.
Le risque de suicide est-il plus élevé chez les proches d’une personne suicidée ?
Les études montrent un risque légèrement plus élevé. C’est une raison supplémentaire pour chercher un accompagnement professionnel. Si vous avez des pensées suicidaires, appelez le 3114.
Quand peut-on espérer aller mieux ?
Le deuil par suicide est généralement plus long que les autres. Une amélioration significative se produit souvent entre 2 et 5 ans. Avec un accompagnement adapté, ce chemin peut être raccourci.
L’essentiel à retenir
Le deuil après un suicide est parmi les plus lourds à porter. Vous n’êtes pas coupable. Vous ne pouviez pas tout prévoir. Cherchez des personnes qui comprennent — des groupes spécialisés, un professionnel formé. Et si à un moment vous avez vous-même des pensées de vous faire du mal, appelez le 3114 : c’est pour ça qu’il existe.
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