Depuis trois millénaires, les psaumes accompagnent l’humanité dans ses moments les plus difficiles. Ces poèmes sacrés, attribués en grande partie au roi David, ont traversé les siècles pour devenir les mots que l’on choisit quand les siens manquent. Aux funérailles, lors d’une messe de requiem, au bord d’une tombe ou dans le silence d’une chapelle ardente, les psaumes offrent ce que ni les discours ni les condoléances ne peuvent donner : la certitude d’une présence, la promesse que la douleur a été entendue avant nous.
Que vous prépariez une cérémonie religieuse ou cherchiez des mots pour accompagner un être cher dans son dernier voyage, voici les psaumes les plus lus aux enterrements, leurs textes complets en traduction Louis Segond (1910, domaine public), et tout ce qu’il faut savoir pour les choisir.
Les 5 psaumes les plus lus aux enterrements :
• Psaume 23 — « L’Éternel est mon berger » — le plus universel, pour toutes les cérémonies
• Psaume 121 — « Je lève mes yeux vers les montagnes » — idéal pour les cérémonies en plein air ou les départs
• Psaume 46 — « Dieu est pour nous un refuge » — pour les deuils soudains et les décès inattendus
• Psaume 130 (De Profundis) — « Du fond de l’abîme » — prière traditionnelle catholique pour les défunts
• Psaume 34:18-19 — « L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé » — verset court, très cité
Tous ces textes sont en traduction Louis Segond 1910 (domaine public) et peuvent être lus librement lors d’une cérémonie.
Psaume 23 — « L’Éternel est mon berger »
Le psaume 23 est sans doute le texte biblique le plus lu dans le monde entier lors des funérailles. Sa métaphore du berger qui guide son troupeau à travers les dangers — jusqu’à « la vallée de l’ombre de la mort » — résonne avec une force particulière au moment du deuil. Il ne promet pas l’absence de souffrance, mais une présence constante au cœur de l’épreuve. Ce psaume convient à toutes les confessions chrétiennes, mais aussi à des cérémonies civiles où l’on souhaite une tonalité spirituelle sans être strictement confessionnelle.
L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ;
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires ;
Tu oins d’huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel
Jusqu’à la fin de mes jours.
Comment l’utiliser : Le psaume 23 peut être lu à voix haute par un proche, chanté par une chorale (il existe de nombreuses mises en musique, dont le célèbre chant « Mon berger, c’est le Seigneur »), ou affiché sur le livret de cérémonie. Il est particulièrement adapté comme lecture d’ouverture ou de clôture d’une messe de funérailles. On peut également en graver les premiers versets sur une plaque commémorative.
Psaume 121 — « Je lève mes yeux vers les montagnes »
Ce psaume, dit « des montées » car les pèlerins le chantaient en montant à Jérusalem, est devenu l’un des textes les plus choisis pour les cérémonies d’enterrement. Il exprime la confiance absolue en une protection divine qui ne « sommeille pas », qui veille sur chaque départ et chaque retour. Sa symbolique du voyage — le départ, la protection du chemin, l’arrivée — en fait un choix naturel pour accompagner un défunt dans son ultime passage. Il est également très utilisé lors des inhumations en plein air.
Je lève les yeux vers les montagnes…
D’où me viendra le secours ?
Le secours me vient de l’Éternel,
Qui a fait les cieux et la terre.
Il ne permettra point que ton pied chancelle ;
Celui qui te garde ne sommeillera pas.
Non, il ne sommeille pas, il ne dort pas,
Celui qui garde Israël.
L’Éternel est celui qui te garde,
L’Éternel est ton ombre à ta main droite.
Le soleil ne te frappera point pendant le jour,
Ni la lune pendant la nuit.
L’Éternel te gardera de tout mal ;
Il gardera ton âme.
L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée,
Dès maintenant et à jamais.
Comment l’utiliser : Ce psaume est idéal comme lecture pendant la procession ou au moment de la mise en terre. Le verset final — « L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais » — est souvent choisi seul comme épitaphe ou inscription dans un livre de condoléances. Il peut être lu par un membre de la famille ou un ami proche.
Psaume 46 — « Dieu est pour nous un refuge et un appui »
Le psaume 46 s’ouvre sur une déclaration de confiance absolue face au chaos : la terre peut se soulever, les montagnes s’ébranler — Dieu demeure un refuge inébranlable. Ce psaume est particulièrement choisi lors des deuils soudains, des décès inattendus ou des accidents, quand la famille traverse un choc brutal et cherche des mots qui reconnaissent à la fois la violence du moment et la possibilité de tenir. C’est Martin Luther qui s’en est inspiré pour composer « Ein feste Burg ist unser Gott » (Forteresse que notre Dieu), l’un des hymnes protestants les plus célèbres.
Dieu est pour nous un refuge et un appui,
Un secours qui ne manque jamais dans la détresse.
C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre se bouleverse,
Quand les montagnes chancellent au cœur des mers,
Quand les eaux de la mer mugissent et s’agitent,
Quand les montagnes sont ébranlées par ses flots.
Il est un fleuve dont les bras réjouissent la ville de Dieu,
La demeure sacrée du Très-Haut.
Dieu est au milieu d’elle : elle n’est point ébranlée ;
Dieu la secourt dès le point du matin.
Des nations s’agitent, des royaumes chancellent ;
Il donne de la voix, la terre se dissout.
L’Éternel des armées est avec nous ;
Le Dieu de Jacob est notre refuge.
Venez, contemplez les œuvres de l’Éternel,
Les désolations qu’il a faites sur la terre !
Il fait cesser les guerres jusqu’aux extrémités de la terre ;
Il brise l’arc et rompt la lance,
Il brûle les chariots au feu.
Arrêtez, et sachez que je suis Dieu ;
Je domine sur les nations, je domine sur la terre.
L’Éternel des armées est avec nous ;
Le Dieu de Jacob est notre refuge.
Comment l’utiliser : Ce psaume convient particulièrement bien comme lecture de méditation au milieu de la cérémonie. Le refrain « L’Éternel des armées est avec nous » peut être repris en antienne par l’assemblée si un prêtre ou officiant le guide. On peut aussi n’en lire que les deux premiers versets, particulièrement percutants dans leur concision.
Psaume 130 — « De Profundis »
Le psaume 130, connu dans l’Église catholique sous son incipit latin « De Profundis » (Du fond des abîmes), est l’une des sept prières pénitentielles de la Bible et la prière traditionnellement récitée pour les défunts dans la liturgie catholique. Il exprime le cri de quelqu’un qui se trouve dans les profondeurs — de la souffrance, de la culpabilité, du deuil — et qui crie vers Dieu sans savoir s’il sera entendu. La force de ce psaume tient à son honnêteté radicale : il ne minimise pas la détresse, il la crie. Victor Hugo l’a mis en exergue de plusieurs de ses textes sur la mort.
Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Éternel !
Seigneur, écoute ma voix !
Que tes oreilles soient attentives
A la voix de mes supplications !
Si tu gardais le souvenir des iniquités, ô Éternel,
Seigneur, qui pourrait subsister ?
Mais le pardon se trouve auprès de toi,
Afin qu’on te craigne.
J’espère en l’Éternel, mon âme espère,
Et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur,
Plus que les gardes n’attendent le matin,
Plus que les gardes n’attendent le matin.
Israël, espère en l’Éternel !
Car la grâce est auprès de l’Éternel,
Et la rédemption est auprès de lui en abondance.
C’est lui qui rachètera Israël
De toutes ses iniquités.
Comment l’utiliser : Dans la tradition catholique, le De Profundis est récité après la messe de funérailles, lors de la levée du corps, et au cimetière. Il peut être chanté en grégorien, lu en alternance entre le prêtre et l’assemblée (versets pairs/impairs), ou récité en silence par un proche avant l’inhumation. C’est aussi l’un des textes les plus gravés sur les monuments funéraires anciens.
Psaume 34:18-19 — « L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé »
Ces deux versets extraits du psaume 34 sont parmi les plus cités lors des funérailles, notamment dans les cérémonies évangéliques et protestantes. Leur force tient à leur simplicité et à leur précision : ils ne parlent pas d’un Dieu lointain et abstrait, mais d’une présence immédiate auprès de ceux qui souffrent le plus — « ceux qui ont le cœur brisé », « ceux qui ont l’esprit dans l’abattement ». Ces deux versets peuvent être utilisés seuls, comme une épigraphe ou une pensée dans un avis de décès.
L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé,
Et il sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement.
Le malheur atteint souvent le juste,
Mais l’Éternel l’en délivre toujours.
Comment l’utiliser : Ces versets sont particulièrement adaptés pour les avis de décès, les faire-part, ou les petits mots glissés dans les fleurs. Ils peuvent aussi ouvrir ou conclure une allocution ou un éloge funèbre. Leur brièveté les rend faciles à mémoriser et à réciter de mémoire.
Versets du Nouveau Testament : trois textes courts mais essentiels
Ces trois versets ne sont pas des psaumes à proprement parler, mais ils sont si fréquemment utilisés lors des funérailles chrétiennes qu’il serait incomplet de les omettre. Ils apportent chacun une perspective différente sur la mort et la foi.
Jean 11:25-26 — « Je suis la résurrection et la vie »
Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?
Romains 8:38-39 — « Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu »
Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.
Apocalypse 21:4 — « Il essuiera toute larme de leurs yeux »
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.
Comment choisir son psaume selon le type de cérémonie
Le choix d’un psaume dépend autant du défunt que de la cérémonie elle-même. Voici quelques repères pratiques :
Pour une messe catholique traditionnelle : Le psaume responsorial est généralement choisi par le prêtre en lien avec les lectures du jour. Vous pouvez lui suggérer le psaume 23 ou le De Profundis, qui s’inscrivent naturellement dans la liturgie de funérailles. Si la famille souhaite lire un texte, le psaume 121 est souvent proposé comme deuxième lecture.
Pour un culte protestant ou évangélique : Les psaumes 23, 46 et 34 sont les plus fréquemment utilisés. Les Églises réformées encouragent la lecture de la Bible en traduction directe, et la liberté laissée aux familles est généralement plus grande que dans la liturgie catholique.
Pour une cérémonie civile ou laïque : Rien n’interdit de lire un psaume lors d’une cérémonie non religieuse. Ces textes appartiennent au patrimoine littéraire de l’humanité. Le psaume 23, notamment, est si universellement reconnu qu’il peut toucher des personnes de toutes convictions. Présentez-le comme un « texte de sagesse ancienne » si le cadre laïque l’exige.
Pour un deuil difficile (mort soudaine, accident, suicide) : Le psaume 46 et le psaume 130 (De Profundis) sont particulièrement adaptés car ils reconnaissent la brutalité du choc sans tenter de l’atténuer. Ils offrent des mots pour nommer l’innommable.
Pour un proche âgé après une longue vie : Le psaume 23 dans son intégralité, ou les versets de Jean 11 sur la résurrection, apportent une tonalité d’apaisement et d’accomplissement plus que de déchirement.
Questions fréquentes
Oui, absolument. Les psaumes font partie du patrimoine littéraire mondial. Lors d’une cérémonie civile, vous pouvez les présenter comme des textes de sagesse ancienne sans connotation confessionnelle obligatoire. L’officiant civil (maître de cérémonie) vous aidera à l’intégrer de manière fluide.
Dans la liturgie catholique, le psaume responsorial est généralement chanté ou proclamé par un lecteur désigné (souvent un membre de la chorale ou un laïc formé). Si la famille souhaite qu’un proche le lise, cela doit être discuté avec le prêtre au moment de la préparation des obsèques.
Oui, et c’est même la forme traditionnelle. De nombreux psaumes ont des mises en musique connues : le psaume 23 (« Mon berger, c’est le Seigneur », de Joseph Gelineau), le psaume 130 en grégorien, ou le psaume 121 dans de nombreuses versions contemporaines. La paroisse ou l’association qui gère la cérémonie pourra vous proposer des options.
La traduction Louis Segond (1910), utilisée dans cet article, est la plus répandue dans les Églises protestantes francophones et dans le grand public. Pour la liturgie catholique française, c’est généralement la traduction liturgique officielle (AELF) qui est utilisée, avec quelques différences de formulation. Les deux versions sont correctes et souvent très proches.
Oui. La traduction Louis Segond 1910 est dans le domaine public et peut être reproduite librement. Il est courant d’imprimer le psaume choisi dans le livret funéraire pour que l’assemblée puisse le suivre ou le lire après la cérémonie.
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