Comment gérer les obligations fiscales du conjoint survivant ?
Lorsqu’un décès survient, le conjoint survivant doit effectuer plusieurs démarches fiscales souvent méconnues ou mal expliquées. Pourtant, ces obligations influencent directement l’imposition du foyer, les droits à la succession et les déclarations à transmettre à l’administration fiscale.
Ce guide détaille toutes les démarches fiscales que doit réaliser un conjoint survivant, étape par étape.

L’imposition du foyer change immédiatement après un décès.
Voici comment déclarer les revenus :
✔ Année du décès (N) : deux déclarations distinctes
Il faut déposer :
1. Une déclaration au nom du couple
→ couvrant la période du 1er janvier jusqu’à la date du décès
→ elle inclut les revenus du défunt et du conjoint jusqu’au décès
2. Une seconde déclaration au nom du conjoint survivant
→ pour la période allant du décès au 31 décembre
→ elle ne concerne que les revenus personnels du conjoint
👉 Cette particularité est mal connue, mais obligatoire.
✔ Année suivante (N+1) : déclaration simple
À partir de l’année suivante, le conjoint redevient imposé seul, avec son quotient familial mis à jour.
Dès le décès, le conjoint survivant devient automatiquement imposé :
• en tant que foyer fiscal unique
• avec son propre taux de prélèvement à la source
• avec un quotient familial réajusté
📌 Avantage :
Le conjoint bénéficie d’une demi-part supplémentaire s’il a élevé un ou plusieurs enfants.
La mise à jour ne se fait pas automatiquement.
Il faut la modifier sur :
👉 impots.gouv.fr → “Gérer mon prélèvement à la source”
À mettre à jour :
• situation familiale (décès du conjoint)
• estimation des revenus
• taux personnalisé ou taux individualisé
⚠ Sans cette mise à jour, les prélèvements resteront calculés sur le taux commun du couple → erreurs, trop-perçu ou rappel ultérieur.
Même si le conjoint survivant est exonéré de droits de succession, il conserve certaines responsabilités.
✔ Déclaration de succession
• Obligatoire dans un délai de 6 mois (décès en France)
• À déposer au centre des finances publiques ou via le notaire
Même si le conjoint ne paie rien, la déclaration permet :
• de déclarer l’actif (biens, comptes, assurances)
• de déclarer le passif (dettes, frais)
• d’ouvrir/fermer les comptes bancaires du défunt
✔ Paiement de certaines taxes
Selon les situations :
• taxe foncière en cas de propriété commune
• taxe d’habitation si le défunt occupait le logement
• impôts locaux sur un bien en indivision
✔ Sur impots.gouv :
• signaler le décès (si le notaire ne l’a pas encore transmis)
• déclarer la situation familiale
• gérer les crédits d’impôt (emploi à domicile, dons, frais professionnels…)
• consulter les éventuels arriérés ou remboursements
✔ Pour les biens en indivision :
Le conjoint survivant doit parfois :
• partager l’imposition avec les héritiers
• déclarer les revenus fonciers perçus après le décès
• gérer les plus-values en cas de vente
✔ Pour les comptes bancaires du défunt :
Les intérêts produits après le décès seront imposés dans la déclaration du conjoint survivant.
Certains frais sont déductibles ou pris en compte dans la succession :
• frais d’obsèques (jusqu’à 1 500 € pris sur le compte du défunt)
• dettes du défunt payées par le conjoint
• certaines charges liées au logement
• intérêts d’emprunts liés à un bien commun
• dépenses d’entretien d’un bien indivis
Les réduire ou les déclarer correctement peut éviter une surexposition fiscale.
✔ Si le conjoint survivant vivait en union libre
→ il n’y a jamais d’imposition commune → déclaration unique seulement.
✔ Si le défunt était indépendant
→ attention à la déclaration 2035 / 2042 C PRO
→ régularisation des revenus professionnels dans la succession
✔ Si le défunt percevait une pension
→ signaler le décès pour arrêter les versements
→ ajuster les montants sur la déclaration commune
Gérer les obligations fiscales après un décès peut sembler complexe, mais quelques démarches clés permettent d’éviter les erreurs :
• déclarations N et N+1
• mise à jour du PAS
• déclaration de succession
• gestion de l’indivision et des biens communs
• vérification des crédits d’impôt
En cas de doute, l’accompagnement d’un notaire ou d’un conseiller fiscal peut sécuriser les démarches et éviter des rappels ultérieurs.