Le cas particulier du défunt particulier employeur
Lorsque la personne décédée employait quelqu’un à domicile — aide ménagère, auxiliaire de vie, jardinier, garde à domicile — la famille a l’obligation d’effectuer plusieurs démarches spécifiques souvent méconnues. Ce guide détaille chaque étape pour clôturer correctement la situation.
- Le décès met automatiquement fin au contrat de l’employé à domicile, sans préavis.
- La famille doit déclarer le décès à l’Urssaf Cesu ou Pajemploi pour arrêter les cotisations sociales.
- Le salarié a droit au salaire des heures travaillées, aux congés non pris, et à une indemnité de rupture.
- L’Urssaf Cesu génère automatiquement les documents de fin de contrat si le défunt était enregistré.
- C’est la succession qui règle les sommes dues au salarié, via le notaire si nécessaire.
Comprendre la situation : qui est considéré comme « particulier employeur » ?
On parle de particulier employeur lorsque le défunt employait une personne via Urssaf Cesu, Pajemploi (garde d’enfants), un contrat particulier employeur classique (écrit ou tacite), un emploi direct payé par chèque ou virement, ou une association mandataire. Dans tous les cas, le décès met automatiquement fin au contrat.
Étape 1 – Déclarer le décès à l’Urssaf Cesu ou Pajemploi
C’est l’étape la plus importante. Sur le site de l’Urssaf Cesu (ou Pajemploi), dans l’espace du défunt, la famille doit indiquer la date du décès, la volonté de mettre fin au contrat, et l’identité de la personne décédée. Si la famille n’a pas les accès au compte, il suffit de contacter l’Urssaf par téléphone.
Cela permet d’arrêter les cotisations sociales, de mettre fin à la relation contractuelle, et de générer automatiquement les documents de fin de contrat (bulletins, certificat…).
Étape 2 – Fin du contrat : la rupture pour « décès de l’employeur »
Le décès entraîne de plein droit la rupture du contrat, sans préavis et sans procédure classique (pas de rupture conventionnelle, pas de licenciement). Le salarié n’est jamais fautif : il s’agit d’une rupture involontaire due à un événement indépendant de sa volonté.
Étape 3 – Paiement des dernières heures et des droits du salarié
La famille doit régler :
- Le salaire des heures travaillées avant le décès — calculé normalement à partir du contrat.
- L’indemnité compensatrice de congés payés — tous les congés non pris doivent être payés.
- L’indemnité de rupture spécifique au décès — obligatoire dans la plupart des cas (montant : 1/120e de la rémunération totale brute versée depuis le début du contrat).
- Les éventuels frais engagés à rembourser (ex : frais de déplacement déjà avancés).
Étape 4 – Remettre les documents obligatoires au salarié
L’Urssaf Cesu génère automatiquement le dernier bulletin de salaire, l’attestation employeur pour Pôle emploi, le certificat de travail, la déclaration des heures, et le récapitulatif annuel des salaires. Si le contrat n’était pas déclaré via Cesu, la famille doit produire ces documents à la main, ou avec l’aide d’un notaire ou d’un conseiller France Services.
Étape 5 – Informer le salarié et gérer la transmission
Le salarié doit être informé du décès, de la fin automatique du contrat, du montant de son solde, et de la date de versement de ses indemnités. Cela peut être fait par appel téléphonique, email ou lettre simple (la lettre recommandée n’est pas obligatoire mais sécurise la démarche).
Étape 6 – Qui doit payer ? Comment faire quand la famille est nombreuse ?
C’est la succession qui règle les sommes dues au salarié. Si plusieurs héritiers existent, ils contribuent chacun selon leur part ou laissent le notaire gérer le paiement à partir du compte du défunt. En cas de compte bloqué, le notaire avance le paiement ou demande une autorisation aux banques.
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